Restaurant Manitoba x Vallier: Goûter à la culture culinaire du Mile-Ex

Restaurant Manitoba x Vallier: Goûter à la culture culinaire du Mile-Ex

Nous sommes des résidents du Mile-Ex, un quartier en pleine évolution. Au cours des dernières années, nous l’avons vu changer, se transformer. Les vieux entrepôts industriels accueillent désormais des ateliers d’artistes, des studios de jeux vidéos, des laboratoires d’IA et les galeries d’art les plus en vogue de Montréal. Le quartier se revitalise, les restaurants et les bars qui s’y installent en sont la preuve. Manitoba, ouvert en 2014, est maintenant reconnu comme un arrêt obligatoire pour quiconque visite le Mile-Ex et une destination incontournable de la scène culinaire montréalaise.

Le restaurant Manitoba est situé 271 rue St-Zotique Ouest et jouit d’un emplacement idéal entre le café Dispatch et L’ABRI Architecture. La montée en popularité de Manitoba reflète la résurrection du quartier, mais sa philosophie, elle, en dépasse les limites du territoire. Plus qu’un resto de quartier, s’y attabler vous transporte dans expérience organique en parfait accord avec la nature. À l’image des meilleures tables de Montréal, on y sert des plats confectionnés avec des ingrédients locaux, pour une cuisine typique du terroir canadien. Ce qui le distingue des - nombreuses - autres bonnes adresses, c’est son vibe décontracté caractéristique au Mile-Ex. Le lunch d’un jeudi d’août nous a donc menés à la rencontre d’Éric Gendron, cuisinier hors pair au Manitoba. Éric est bachelier en philo et roule dans les rues de Montréal sur son vélo fixed-gear. On lui demande d’enfiler quelques morceaux de la collection de Vallier à mesure que nous, on enfile les assiettes que nous a préparées cet ancien cook d’un gatropub renommé. Une situation win-win.

  • Manitoba has an exquisite layout.

Sans surprise, la bouffe est exquise. Outre la nourriture qu’on y mange, c’est le lieu qui fait du Manitoba un coup de coeur. La première chose que l’on remarque en entrant c’est le plafond. À l’entrée, il est bas et recouvert de lattes de bois, ce qui donne à l’endroit l’atmosphère feutrée et invitante d’une taverne. L’imposant bar fait face à une cuisine ouverte sur la salle à manger. Au fond, de grandes portes de garage nous rappellent l’héritage industriel de l’endroit.

Le jour de notre visite, le restaurant baigne dans la lumière de mi-journée. On prend place au bar, accoudés sur le comptoir de bois vernis et assis sur des tabourets aux confortables sièges en cuir. Le barman confectionne des cocktails à partir d’alcools locaux.

Les effluves alléchants qui émergent de la cuisine annoncent l’arrivée du premier plat: un filet de phoque légèrement saisi, un emblème à la nourriture du terroir et la raison d’être de Manitoba. La viande est tranchée et posée sur une trempette sèche composée de sarrasin, de thé du labrador et d’armoise. L’assiette est surmontée de beurre clarifié qui fait ressortir le goût charnu du phoque. Éric nous suggère de manger avec les mains, une pratique traditionnelle des Premières Nations après la chasse.

  • As Eric stood behind the bar prepping our next dish

Éric se tient derrière le bar et nous raconte qu’au moment d’acquérir le local, un ancien atelier de bois, les propriétaires Elisabeth Cardin et Simon Cantin étaient découragés par les rénovations qu’il y avait à faire. Le restaurant a finalement remporté le titre de restaurant de l’année par Eater Montreal. C’est à croire que vision, détermination, travail acharné et un brin de folie est la recette du succès. The Gazette en parle comme d’un « restaurant pour passer du temps entre amis et absorber la culture ». Cinq ans après son ouverture, non seulement Manitoba représente la culture culinaire de Montréal, mais elle en a créé une bien à elle.

En nous présentant la deuxième assiette, Éric nous la décrit comme le repas qui nous ramènera en enfance: des crevettes nordiques de la Gaspésie dans une sauce crémeuse au maïs. Cette délicieuse préparation est rehaussée de piment Gorria du Québec, l’une des rares épices à survivre au froid de l’hiver. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi ce plat est un favori, entre le gras de la crème et le goût salé des crevettes, il offre une combinaison réconfortante parfaite.

  • To get the fullest experience, we'd recommend a seat at Manitoba's room-length bar.

Pour vivre l’expérience complète, nous vous recommandons un siège au bar. Durant notre visite, nous avons assisté au tri des ingrédients locaux livrés quotidiennement au restaurant et pu contempler Éric à l’oeuvre. Toutes les recettes ont été préparées sous nos yeux admiratifs et j’ai été étonné de constater que tout est fait sur place, rien n’est préparé à l’avance.

Le dernier service est constitué d’une variété de tomates anciennes grossièrement tranchées et servies à température pièce. Une tartinade de pesto à la fleur de sel, à l’huile de cameline et aux fleurs sauvages broyées au mortier, accompagne les tomates Heirloom. Éric verse du gras de cuisson de boeuf fumant sur les tranches de tomate, surprenant, mais délicieux. On a l’impression de déguster un steak juteux et frais, le point final parfait à ce lunch estival.

  • Manitoba began as a strong idea based around a philosophy and quickly flourished

En se rendant chez Manitoba, on a pas de mal à comprendre les raisons qui en font un restaurant phare de la scène culinaire montréalaise. C’est l’attention portée aux détails de ses plats, de son décor et de l’ambiance qui rendent l’endroit si unique.

Lors de notre visite, Éric a cuisiné vêtu de la chemise oxford Williamsburg et du pantalon chino Leith, un outfit qui rehaussait avec style ses bottes Dr.Martens vintage tout en le laissant manier spatule et couteau avec aisance.

  • Before we left the restaurant, we met co-founder Elisabeth Cardin and asked her what the name ‘Manitoba’ meant.

Manitoba est né d’une philosophie qui s’est vue évoluer en un concept unique qui fait aujourd’hui la renommée du Mile-Ex. Ses propriétaires y ont vu le potentiel du quartier et la possibilité d’amener la nature à la ville. Vallier est habité du même esprit: combiner le meilleur des environnements naturels et urbains avec des technologies du plein air et des designs épurés.

Avant de quitter le restaurant, on s’entretient avec Elisabeth Cardin, la cofondatrice. Je suis intrigué par le nom qu’elle et Simon ont choisi pour leur restaurant. Elle nous explique que «Manitoba» signifie le point de rencontre d’un détroit en langue ojibwée, ou le point de rencontre de plusieurs esprits. Pour elle, il prend la signification d’un lieu où tous se rencontrent et un hommage à la nature de notre pays.

On vous suggère donc de vous y rendre pour faire un saut dans la culture du Mile-Ex et y vivre une expérience culinaire différente qui vous laissera bouche bée.